
Kyoto, Japon
Zen japonais
1482
Le vide comme luxe suprême
Codifié dans le Kyoto de l'époque Higashiyama, autour du Pavillon d'argent, l'intérieur zen repose sur des principes inchangés depuis cinq siècles : tatamis au sol, cloisons coulissantes shoji en papier de riz, et le tokonoma, cette alcôve où l'on n'expose qu'un seul objet à la fois. Rien n'est décoratif, tout est rituel : la lumière filtrée, l'ombre valorisée, l'espace vide considéré comme une matière à part entière. Tanizaki en a fait un manifeste avec son Éloge de l'ombre. C'est la source lointaine de tous les minimalismes, du Bauhaus à John Pawson. Cinq cents ans plus tard, le monde entier copie encore cette grammaire du dépouillement.